
AUCKLAND, 23 octobre – Il s'en est fallu d'un point pour que l'équipe de France, héroïque, brise le rêve de toute une nation. Mais les All Blacks sont champions du monde.
Le Haka donne le ton : à la déclaration de guerre néo-zélandaise répond la solidarité des Français, main dans la main, qui s'avancent vers leurs adversaires mais en les respectant. Des Français qui entrent bien dans la partie. Et si Yachvili, dès la première minute, tape directement en touche, celle-ci est gagnée par Bonnaire. Si les intentions sont blanches, la première pénalité est noire mais Weepu la manque. Le match est équilibré. A une prise d'intervalle de Conrad Smith répond une belle attaque française où Nallet se retrouve tel un centre à (bien) passer les bras. A défaut de se concrétiser au tableau d'affichage, cela démontre une réelle volonté de jeu.
A la 11e, Parra plaque un Nonu lancé à pleine charge, mais prend le genou de McCaw en plein visage. Sonné, il sort temporairement, renplacé par Trinh Duc. Les fautes répondent aux fautes, des deux côtés. La plus conséquente sera celle de Mas : le Catalan rate un plaquage sur Woodcock qui reprend un ballon bien volleyé en touche par Kaino et qui s'en va aplatir dans l'en-but. Weepu rate la transformation. Signe de fébrilité ?
Mêlée blanche sous surveillance
Les Français ne sont pas loin mais à chaque fois qu'ils progressent, ils finissent pas perdre le ballon. M. Joubert a particulièrement l'œil sur Poux, le gaucher français coûtant deux pénalités à son équipe sur les six concédées en première mi-temps.
A la 22e, Parra sort définitivement, remplacé par Trinh Duc. Weepu rate son troisième coup de pied placé même si son jeu au pied de déplacement continue de maintenir les Français dans leur camp.
Malédiction des 10 ?
La première vraie séquence française intervient à la 31e minute mais après de bons relais de Poux et Bonnaire, Servat comment un en-avant. Et sur la mêlée, Poux se fait de nouveau sanctionner.
A la 34e, Cruden, touché au genou sort, remplacé par Donald qui connaît donc sa première sélection en finale de Coupe du Monde.
Si les deux équipes semblent également bridées par l'enjeu, se rendant coup pour coup et autant de ballons, les Français finissent globalement mieux cette mi-temps que les All Blacks. Cinq points de retard seulement et des raisons d'espérer côté Tricolores.
Rougerie omniprésent
La deuxième mi-temps reprend avec toujours de bonnes intentions françaises. Rougerie, omniprésent, sème la panique dans la défense All Black qui se met à la faute, mais Yachvili, redevenu buteur après la sortie de Parra, des 42m à droite, rate l'occasion de ramener les siens à deux points. Au lieu de ça, c'est Donald qui donne une avance de huit points aux Néo-Zélandais, sur une pénalité pour une faute de Pascal Papé derrière un maul. Une pénalité qui s'avèrera cruciale. Juste après, Clerc sort en boitant et laisse sa place à Damien Traille qui passe à l'arrière, Médard glissant à l'aile.
Dusautoir énorme
Coup dur, vite effacé par l'action qui suit. Une interception de François Trinh Duc est relayée par Rougerie qui retrouve un Thierry Dusautoir, énorme. Le capitaine français conclut au pied des poteaux. Trinh Duc transforme : 8-7. Un point seulement sépare maintenant les deux équipes. Dusautoir ne se contente pas de son essai, il est partout, prouvant, s'il en était besoin, son exemplarité à un Eden Park qui se prend soudain à douter.
Quand Trinh Duc tente une pénalité de la ligne médiane, le stade retient son souffle mais le ballon passe à droite. La fin du match se résume à des attaques héroïques des Tricolores derrière une mêlée retrouvée (et moins pénalisée) et à une défense qui ne l'est pas moins des All Blacks.
24 ans après…
La fatigue des deux mois de compétition se fait sentir de part et d'autres, les joueurs au sol se relèvent moins vite, les coups font plus mal dans un match dont l'intensité est montée de plusieurs crans en seconde période. Yachvili cède sa place à Doussain qui, lui aussi, étrenne sa première cap en finale de Coupe du Monde.
Mais rien ne changera. Les All Blacks récupèrent un ballon précieux à la 76e minute et dès lors, s'appliquent, mais c'est de bonne guerre, à ralentir les ballons. Quand le coup de sifflet final retentit ; une nation entière pousse un ouf de soulagement. L'histoire finit bien, et si les Français sanglotent, ce sera la tête haute.
RNS okm/bd












