
AUCKLAND, le 23 octobre - Les Français perdent la finale de la plus frustrante des manières, d'un petit point. Mais sortent dignement de cette Coupe du Monde où leur chemin fut tout sauf simple.
Quand Marc Lièvremont et Thierry Dusautoir entrent dans la salle de conférence de presse de l'Eden Park, leurs visages sont marqués, mais différemment. Si le capitaine des Bleus porte encore les marques d'un combat intense, son sélectionneur a l'air absent, mais pas en colère comme on l'a souvent vu tout au long de la Coupe du Monde.
Un XV de France immense
C'était son dernier match à la tête du XV de France, une finale de Coupe du Monde. Perdue d'un point, face aux grandissimes favoris All Blacks contre lesquels le XV de France a été, selon lui, « grand, immense. » Alors, chez lui, la déception le dispute à la fierté : « Je suis immensément triste et immensément fier. »
Pas le genre à chercher des excuses, Marc Lièvremont s'en tiendra à la promesse faite à Craig Joubert de ne pas « quoi qu'il se passe, critiquer son arbitrage ». Dusautoir va même jusqu'à dédouaner l'arbitre concernant les phases de ruck : « une phase difficile à juger » ajoutant que lui et ses coéquipiers n'ont « peut-être pas été assez proches de [leurs] soutiens pour être plus efficaces. »
Emotion
Il y a alors quelque chose de poignant à voir ces deux hommes l'un à côté de l'autre pour la dernière fois. Au-delà d'un match de rugby, il y avait aussi et surtout une « belle histoire », comme ils le rappellent tous deux. Le sélectionneur esquisse un sourire quand son capitaine explique que, sur le haka, il a eu l'impression que ses coéquipiers « voulaient aller embrasser les Néo-Zélandais » et qu'il lui a « fallu essayer de les calmer. »
Concernant l'amende potentielle que cela devrait valoir à la France, Marc Lièvremont ironise bien à son tour sur la nécessité de voir avec « René Hourquet, trésorier de la fédération française de rugby ! » Mais le cœur n'y est pas. Il est ailleurs, auprès des amis, de la famille comme le dit en conclusion un Thierry Dusautoir au bord des larmes quand il tient à remercier ceux sans qui « on serait rentrés à la maison plus tôt. »
Les Français partiront finalement les derniers de Nouvelle-Zélande. Dignement.
RNS okm/mp











